EN QUOI LE JEU FAVORISE-T-IL LA MÉMOIRE ?

Du respect des rythmes d’apprentissage

Si l’on pense que la mémoire à court terme est associée aux codes sensoriels (lexical, imagé, sémantique, moteur, auditif) et que le jeu mobilise l’ensemble de ces sens, il semble évident que le jeu favorise de manière particulière la mémorisation.
Mais nous savons depuis longtemps que les informations absorbées par les codes sensoriels sont très fugitives : elles sont conservées seulement quelques secondes afin d’être organisées ou d’en chercher le sens dans une autre mémoire. Un discours trop rapide est donc mémorisé de manière partielle.

Mais comment trouver le bon rythme d’une formation ?

Un certain nombre de formateurs vous répondront « c’est une affaire d’expérience », alors qu’en réalité c’est une affaire de pédagogie !
Étant cadencé par la réflexion, par les décisions et les activités des joueurs, et non pas pas par le débit de parole du formateur, le jeu est une solution pédagogique qui permet de synchroniser le rythme de l’animation avec le rythme d’apprentissage des participants.
Par ailleurs, l’aspect physique du jeu, permet de donner un sens concret à des concepts abstraits.

L’équipe d’Alain Lieury a confirmé ces hypothèses en montrant que dans l’apprentissage traditionnel le vocabulaire n’acquière des propriétés sémantiques qu’à la suite de réception d’informations contextuelles.
D’autres expériences menées par le même groupe de chercheurs en observant l’apprentissage « multi contextuel » ; c’est à dire, dans lequel on présente un mot selon diverses procédures : photos, démonstration en situation réelle, description théorique, appel aux souvenirs, etc. …, ont montré que les apprenants retiennent 45% des mots en apprenant par l’expérience et seulement 27% en apprentissage traditionnel.

Une autre étude, effectuée par un groupe élargi d’universitaire a montré que, en formation, l’acteur est beaucoup plus performant que le spectateur.
Dans le cadre d’un stage de trois semaines, dont le cours de gestion financière faisait objet de la recherche, 5 élèves de BTS étaient acteurs d’une pièce de théâtre et jouaient le rôle de sociétaires, les autres élèves restant spectateurs. Les résultats des tests effectués après le stage en entreprise ont constitué la preuve qu’un apprenant, en position d’acteur, donc impliqué dans l’acte de formation, est plus motivé et performant : après le stage les acteurs ont eu un score de 80% de bonnes réponses et les spectateurs seulement de 30%.

En conclusion, pour aider vos apprenants à mémoriser :

  • placez les concepts abstraits dans un contexte représentatif de la vie réelle,
  • impliquez dans l’action,
  • et surtout, respectez les rythmes d’apprentissage.

Sources et références bibliographiques :

  • Lieury & Forest, Les épisodes de la connaissance, Le Langage et l’Homme.
  • Bachira Tomeh, Psychologie cognitive et formation, CNED / Université de Rouen, 1997.
  • George Miller, The magical Number Seven, Plus or Minus Two : Some Limits on Our Capacity for Processing Information.
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