La Ludopédagogie pour animer vos Réunions

Ludopédagogie pour réunions et résolution de problèmes

Jouer au travail

Longtemps opposés, le jeu et le travail cohabitent aujourd’hui de plus en plus dans les entreprises. Challenges, serious games, jeux de rôle, escape games ou simulations se multiplient dans les bureaux et les open spaces. Derrière cette tendance se trouve la « gamification » : l’utilisation des mécanismes du jeu dans des contextes professionnels afin de rendre certaines activités plus engageantes et motivantes.

Le jeu au travail : une pratique ancienne

Bien avant l’apparition du terme gamification, les sociologues avaient déjà observé que les salariés jouaient au travail. Dans certaines usines, les ouvriers se lançaient des défis pour rendre la production moins monotone. D’autres, comme des techniciens en salle de contrôle, jouaient discrètement au Scrabble afin de maintenir leur vigilance sans saturer leur attention.

Le jeu apparaissait alors comme un moyen de réduire la fatigue, de rompre la routine et de mieux supporter certaines contraintes professionnelles.

Des usages variés en entreprise

Aujourd’hui, les entreprises utilisent le jeu à des fins très diverses :

  • renforcer la cohésion d’équipe ;
  • former les collaborateurs ;
  • développer certaines compétences ;
  • stimuler l’engagement.

Les formes les plus fréquentes sont les challenges, les jeux de rôle, les simulations et les activités de team building. Certaines approches, comme le théâtre forum, vont plus loin en permettant aux salariés de construire eux-mêmes les situations à partir de leurs difficultés réelles.

Les dispositifs varient aussi selon les métiers : les équipes commerciales sont souvent confrontées à des logiques de challenge, tandis que les managers travaillent davantage à travers des simulations ou des jeux de rôle.

Des limites à ne pas oublier

Le jeu ne fonctionne cependant pas dans tous les contextes. Certains salariés peuvent le percevoir comme infantilisant ou artificiel. Dans des entreprises en tension, la dimension ludique peut aussi être mal accueillie.

Autre limite : le jeu n’est jamais totalement sans conséquence. Même dans un cadre fictif, les comportements observés peuvent influencer durablement les relations entre collègues.

Enfin, quelques heures de simulation ne suffisent pas à comprendre toute la réalité d’un métier.

Un outil utile… à condition d’avoir du sens

La gamification séduit parce qu’elle favorise l’engagement et l’apprentissage autrement que par les méthodes traditionnelles. Mais son efficacité dépend surtout du contexte, de la qualité de l’animation et du sens donné au dispositif.

Car même lorsqu’il se déroule « pour de faux », le jeu reste toujours lié à la réalité du travail.


Les jeux pour animer des réunions

Bien que la « réunionite » soit une maladie encore trop résistante aux remèdes disponibles, les managers sont conscients qu’on ne peut plus se permettre des réunions avec des retardataires, des smartphones qui sonnent et des collaborateurs assis pendant des heures, furieux d’avoir perdu du temps et des énergies !

Utilisés depuis longtemps en formation, aujourd’hui les jeux s’invitent aussi dans les réunions de travail, qu’elles soient stratégiques ou opérationnelles, réalisées dans un bureau, débout sur le poste de travail, ou à distance via Teams.

Les expériences montrent que la Ludopédagogie propose des outils permettant de rendre les réunions plus interactives, plus motivantes, mais aussi plus créatives et productives.

Ce sont des activités faciles à animer, avec le matériel disponible dans la plupart des bureaux (paperboard, post-its, feutres, fiches de bristol…), qui ont à la fois une fonction pédagogique et opérationnelle dans la conduite et le suivi des réunions.

Contrairement aux jeux de formation, qui ont la particularité de permettre l’apprentissage dans un cadre éloigné de la réalité (ce qu’on appelle la pédagogie du détour), jouer en réunion est une manière décalée de traiter la réalité.

Au-delà des jeux bien connus et couramment utilisés pour effectuer des activités simples (photolangage, nuage de mots, sondages avec Kahoot, Klaxoon, etc…) il existe plusieurs jeux qui s’animent durant une bonne partie d’une réunion, voire plusieurs réunions.


Différents types de réunions

Toutes les réunions ne poursuivent pas les mêmes objectifs et n’exigent donc ni le même niveau de préparation, ni la même durée. Certaines nécessitent un travail préparatoire important et des temps d’échange approfondis, tandis que d’autres peuvent être organisées de manière plus agile et concise.

On distingue généralement quatre grandes catégories de réunions :

  1. réunions d’échange ;
  2. réunions d’information ;
  3. réunions de travail ou de production ;
  4. réunions de résolution de problèmes.

La nature de la réunion détermine les modalités d’animation à privilégier, les activités à mettre en œuvre ainsi que les approches ludiques les plus pertinentes à intégrer.


Un exemple de jeu pour réunions

Le « Jogging entre paperboards » est un jeu conçu à l’origine pour les actions de formation, mais de plus en plus utilisé dans le cadre de réunions et d’ateliers de travail.

Son objectif est de favoriser la production rapide d’un grand nombre d’idées en mobilisant l’intelligence collective, avec un encadrement des échanges verbaux, afin de maintenir un rythme dynamique et une forte implication des participants.

Cette activité présente également l’avantage d’être simple à mettre en œuvre, puisqu’elle ne nécessite aucun matériel spécifique autre que les équipements généralement disponibles dans une salle de réunion : paperboards, feutres et post-it.

exemple de jeu pour animer une réunion

Déroulement type du jeu :

  1. Après avoir divisé les participants en petits groupes et avoir donné un paperboard par groupe, l’animateur confie au premier groupe la mission de traiter un sujet, par exemple : « comment améliorer le service rendu au client ? », au deuxième groupe « Comment réduire les incidents de livraison ? » et ainsi de suite pour les autres groupes.
  2. Chaque groupe travaille sur son thème, puis au bout de 10 ou 15 minutes, il change de paperboard.
  3. Face au paperboard de leurs collègues, les participants :
      • Lisent la production du groupe précédent.
      • Indiquent les éventuelles divergences et les argumentent.
      • Ils approuvent les idées qu’ils considèrent comme pertinentes.
      • Ils rajoutent si besoin des nouvelles idées.
  1. Lorsque tous les groupes ont travaillé sur tous les paperboards, les groupes présentent les résultats de la séquence de jogging
  2. Et on termine avec le classique débat de synthèse et un débriefing.

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