Pourquoi certains adultes refusent de jouer en formation
… et pourquoi ce n’est presque jamais un problème de jeu
… et pourquoi ce n’est presque jamais un problème de jeu
Par Carlo Bianchi – Concepteur de jeux de formation
Vous utilisez ou souhaitez utiliser des jeux dans vos formations, mais vous craignez les réactions de certains participants ?
Refus de participer, remarques ironiques, manque d’implication… Ces situations sont plus fréquentes qu’on ne le pense et déstabilisent parfois même les formateurs les plus expérimentés.
Pourtant, ces comportements ne sont ni du hasard, ni de la mauvaise volonté. Ils s’expliquent par des mécanismes psychologiques bien connus.
Comprendre leur origine est la première étape pour concevoir des activités ludiques qui suscitent naturellement l’adhésion et transforment le jeu en un véritable levier d’apprentissage.
Vous avez préparé un jeu pédagogique avec soin.
Vous annoncez l’activité. Et soudain…
Quelques visages se ferment.
Un participant croise les bras.
Un autre lâche : “On n’est quand même pas à la maternelle…”
Ou, plus discrètement, certains participent sans vraiment s’impliquer.
Si cette situation vous est déjà arrivée, rassurez-vous : vous n’êtes pas un cas isolé.
Et surtout, le problème ne vient généralement ni du jeu… ni des participants.
Contrairement à une idée largement répandue, les adultes ne refusent pas de jouer parce qu’ils n’aiment pas le jeu.
Ils jouent volontiers en famille, entre amis, dans des escape games, à des jeux de société, à des jeux vidéo ou à des quiz.
Alors pourquoi certaines activités ludiques rencontrent-elles des résistances lorsqu’elles sont proposées en formation ?
Parce que le contexte change complètement.
Dans une salle de formation, le jeu n’est plus perçu comme un loisir librement choisi. Il devient une activité professionnelle, observée par les collègues, parfois par la hiérarchie, avec une forte dimension d’exposition sociale.
C’est précisément cette différence qui explique la plupart des réactions de rejet.
Les recherches en psychologie sociale, en andragogie et en sciences cognitives montrent que ces comportements sont rarement de la mauvaise volonté.
Ils traduisent souvent des préoccupations beaucoup plus profondes :
Autrement dit, lorsqu’un participant refuse de jouer, il cherche souvent davantage à se protéger qu’à s’opposer.
Il existe une erreur fréquente : croire qu’il suffit d’ajouter un jeu dans une formation pour rendre celle-ci plus dynamique.
En réalité, ce n’est pas le jeu qui fait la réussite d’une séquence pédagogique.
C’est la manière dont il est conçu, introduit, animé et débriefé.
Deux activités pourtant très proches peuvent produire des résultats totalement opposés :
La différence tient rarement au matériel utilisé. Elle repose surtout sur la qualité de la conception pédagogique.
Une activité ludique n’a pas pour objectif de divertir.
Son rôle est de créer une expérience d’apprentissage suffisamment engageante pour faciliter la réflexion, la mémorisation et le transfert vers les situations professionnelles.
Lorsqu’elle est correctement conçue, les participants oublient rapidement qu’ils sont en train de jouer.
Ils se concentrent sur la résolution d’un problème, la coopération, la prise de décision ou l’expérimentation de nouvelles pratiques.
C’est précisément à ce moment-là que les apprentissages deviennent les plus puissants.
Avec l’expérience, les formateurs constatent que les résistances apparaissent souvent à des moments bien identifiés du déroulement d’une activité ludopédagogique.
Ces réactions ne sont ni exceptionnelles ni imprévisibles : elles répondent à des logiques humaines que l’on peut apprendre à comprendre et à anticiper.
C’est pourquoi les formateurs expérimentés accordent une attention particulière à la préparation de leurs activités. Ils veillent à créer, dès le départ, les conditions favorables à l’engagement des participants, bien avant le lancement du jeu. Ils savent également intervenir lorsque des résistances apparaissent, sans rompre la dynamique du groupe ni entrer dans un rapport de force.
Cette compétence ne relève pas de l’improvisation. Elle s’appuie sur une bonne compréhension du fonctionnement humain, des spécificités de l’apprentissage des adultes et des principes qui fondent la Ludopédagogie.
Comme dans toute situation pédagogique complexe, il est préférable d’agir selon une double logique : prévenir autant que possible les difficultés avant qu’elles n’apparaissent, puis intervenir de manière adaptée lorsqu’elles se manifestent.
Le rôle du formateur consiste ainsi à mobiliser deux catégories de leviers complémentaires :
Cette approche permet non seulement de sécuriser le déroulement de l’activité, mais aussi de maintenir un climat favorable à l’engagement, à la coopération et à l’apprentissage.
L’objectif est de réduire les risques de résistance en créant les conditions favorables à l’engagement des participants.
Lorsque des comportements de retrait, d’opposition ou de perturbation apparaissent malgré les précautions prises, le formateur dispose de plusieurs leviers d’intervention.
Depuis plus de 30 ans, nous accompagnons des entreprises, des organismes de formation et des formateurs dans la conception et l’animation de dispositifs de ludopédagogie réellement efficaces.
Nos formations ne se limitent pas à présenter des jeux.
Vous apprendrez notamment à :
Parce qu’en formation, le véritable enjeu n’est pas de faire jouer les participants…
C’est de leur donner envie d’apprendre.
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Carlo Bianchi
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