Pourquoi certains adultes refusent de jouer en formation

… et pourquoi ce n’est presque jamais un problème de jeu

Des situations inconfortables

Vous avez préparé un jeu pédagogique avec soin.

Vous annoncez l’activité. Et soudain…

Quelques visages se ferment.

Un participant croise les bras.

Un autre lâche : “On n’est quand même pas à la maternelle…”

Ou, plus discrètement, certains participent sans vraiment s’impliquer.

Si cette situation vous est déjà arrivée, rassurez-vous : vous n’êtes pas un cas isolé.

Et surtout, le problème ne vient généralement ni du jeu… ni des participants.


Un phénomène parfaitement normal

Contrairement à une idée largement répandue, les adultes ne refusent pas de jouer parce qu’ils n’aiment pas le jeu.

Ils jouent volontiers en famille, entre amis, dans des escape games, à des jeux de société, à des jeux vidéo ou à des quiz.

Alors pourquoi certaines activités ludiques rencontrent-elles des résistances lorsqu’elles sont proposées en formation ?

Parce que le contexte change complètement.

Dans une salle de formation, le jeu n’est plus perçu comme un loisir librement choisi. Il devient une activité professionnelle, observée par les collègues, parfois par la hiérarchie, avec une forte dimension d’exposition sociale.

C’est précisément cette différence qui explique la plupart des réactions de rejet.


Derrière le refus se cachent des mécanismes psychologiques

Les recherches en psychologie sociale, en andragogie et en sciences cognitives montrent que ces comportements sont rarement de la mauvaise volonté.

Ils traduisent souvent des préoccupations beaucoup plus profondes :

  • la peur du jugement des autres ;
  • la crainte de perdre sa crédibilité professionnelle ;
  • le besoin de comprendre l’utilité de l’activité avant d’y participer ;
  • l’impression que le jeu manque de sérieux ;
  • ou simplement un manque de sécurité psychologique.

Autrement dit, lorsqu’un participant refuse de jouer, il cherche souvent davantage à se protéger qu’à s’opposer.


Tous les jeux ne provoquent pas les mêmes réactions

Il existe une erreur fréquente : croire qu’il suffit d’ajouter un jeu dans une formation pour rendre celle-ci plus dynamique.

En réalité, ce n’est pas le jeu qui fait la réussite d’une séquence pédagogique.

C’est la manière dont il est conçu, introduit, animé et débriefé.

Deux activités pourtant très proches peuvent produire des résultats totalement opposés :

  • l’une suscite immédiatement l’adhésion ;
  • l’autre provoque scepticisme, ironie ou désengagement.

La différence tient rarement au matériel utilisé. Elle repose surtout sur la qualité de la conception pédagogique.


La ludopédagogie ne consiste pas à « faire jouer »

Une activité ludique n’a pas pour objectif de divertir.

Son rôle est de créer une expérience d’apprentissage suffisamment engageante pour faciliter la réflexion, la mémorisation et le transfert vers les situations professionnelles.

Lorsqu’elle est correctement conçue, les participants oublient rapidement qu’ils sont en train de jouer.

Ils se concentrent sur la résolution d’un problème, la coopération, la prise de décision ou l’expérimentation de nouvelles pratiques.

C’est précisément à ce moment-là que les apprentissages deviennent les plus puissants.


Apprendre à réduire le risque de résistance

Anticiper les résistances plutôt que les subir

Avec l’expérience, les formateurs constatent que les résistances apparaissent souvent à des moments bien identifiés du déroulement d’une activité ludopédagogique.

Ces réactions ne sont ni exceptionnelles ni imprévisibles : elles répondent à des logiques humaines que l’on peut apprendre à comprendre et à anticiper.

C’est pourquoi les formateurs expérimentés accordent une attention particulière à la préparation de leurs activités. Ils veillent à créer, dès le départ, les conditions favorables à l’engagement des participants, bien avant le lancement du jeu. Ils savent également intervenir lorsque des résistances apparaissent, sans rompre la dynamique du groupe ni entrer dans un rapport de force.

Cette compétence ne relève pas de l’improvisation. Elle s’appuie sur une bonne compréhension du fonctionnement humain, des spécificités de l’apprentissage des adultes et des principes qui fondent la Ludopédagogie.

Comme dans toute situation pédagogique complexe, il est préférable d’agir selon une double logique : prévenir autant que possible les difficultés avant qu’elles n’apparaissent, puis intervenir de manière adaptée lorsqu’elles se manifestent.

Le rôle du formateur consiste ainsi à mobiliser deux catégories de leviers complémentaires :

  • des actions préventives, mises en œuvre lors de la préparation et de l’introduction de l’activité afin de limiter l’apparition des résistances ;
  • des actions correctives, mobilisées pendant le déroulement du jeu pour réguler les difficultés lorsqu’elles surviennent et préserver la qualité des apprentissages.

Cette approche permet non seulement de sécuriser le déroulement de l’activité, mais aussi de maintenir un climat favorable à l’engagement, à la coopération et à l’apprentissage.

Prévenir (avant le jeu)

L’objectif est de réduire les risques de résistance en créant les conditions favorables à l’engagement des participants.

  • Donner du sens à l’activité ludique en explicitant clairement ses objectifs pédagogiques.
  • Faire évoluer les représentations associées au mot jeu et montrer qu’il constitue un véritable outil d’apprentissage.
  • Installer un climat de sécurité psychologique, dans lequel chacun comprend qu’il est autorisé à expérimenter, à se tromper et à apprendre sans être jugé.
  • Présenter le cadre, les règles et les attentes afin de limiter les incertitudes.
  • Concevoir un débriefing structuré permettant d’établir le lien entre l’expérience vécue pendant le jeu et les situations professionnelles réelles.
  • Adapter le niveau de difficulté et les modalités du jeu au profil des participants.
  • Anticiper les principales sources de résistance et préparer des réponses adaptées.


Corriger (pendant le jeu)

Lorsque des comportements de retrait, d’opposition ou de perturbation apparaissent malgré les précautions prises, le formateur dispose de plusieurs leviers d’intervention.

  • Reclarifier les règles du jeu et veiller à leur application avec bienveillance et fermeté.
  • Chercher à comprendre les motivations ou les freins des participants plutôt que tenter de les convaincre, en s’appuyant notamment sur les principes de l’entretien motivationnel.
  • Utiliser le recadrage en communication pour redonner du sens aux comportements observés et réorienter la dynamique du groupe.
  • Intervenir rapidement sur les comportements susceptibles de déstabiliser le collectif, sans stigmatiser les personnes.
  • Maintenir un climat de confiance tout en préservant les objectifs pédagogiques de l’activité.

Ce que Learning by Doing peut faire pour vous

Depuis plus de 30 ans, nous accompagnons des entreprises, des organismes de formation et des formateurs dans la conception et l’animation de dispositifs de ludopédagogie réellement efficaces.

Nos formations ne se limitent pas à présenter des jeux.

Vous apprendrez notamment à :

  • comprendre pourquoi certains adultes résistent aux activités ludiques ;
  • choisir les jeux adaptés à votre public et à vos objectifs ;
  • introduire une activité de manière à obtenir l’adhésion du groupe ;
  • gérer les réactions difficiles avec professionnalisme ;
  • transformer chaque jeu en véritable levier d’apprentissage.

Parce qu’en formation, le véritable enjeu n’est pas de faire jouer les participants…

C’est de leur donner envie d’apprendre.

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